See you later, alligator.

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# Posté le samedi 16 mai 2009 14:20

"Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux du chagrin de voler au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux.", Le Voyage à rebours, Sharon Creech.

"Vous ne pouvez pas empêcher les oiseaux du chagrin de voler au-dessus de vos têtes, mais vous pouvez les empêcher de faire leur nid dans vos cheveux.", Le Voyage à rebours, Sharon Creech.
____On ne sélectionne que les souvenirs que l'on veut bien garder. Ceux qui ne font pas trop mal, qui ne sont pas trop contraignants, pas trop inavouables, pas trop bien non plus, pour ne pas les regretter. On enferme ceux dont on ne veut pas, ou plus, derrière les barreaux glacés du fond de notre mémoire, dans le coin, là bas, au milieu des toiles d'araignées et des vieilles poupées Barbie chauves. On garde précieusement ceux que l'on aime, on les écrit pour les retenir, on les retient contre notre coeur comme lorsqu'on essaye de garder de l'eau prisonnière entre nos doigts, on les enferme dans des cages dorées pour qu'ils ne s'échappent pas. On en parle, on en prend soin , et puis un jour, comme on ne regarde pas, ils s'envolent. Là les couleurs et les sons s'effritent, les rires s'émiettent. On prend une plage pour le jardin des voisins, notre amie Lucie devient Marie, et tous les pots de peinture bien alignés de notre mémoire se renversent et leurs couleurs se mélangent jusqu'à former un magma de formes et de sensations, quelques scènes précises, surtout des mots et des sentiments perdus.

La mémoire doit bien se marrer, quand même, en nous voyant nous débattre avec nos petits souvenirs insignifiants. Et, accessoirement, écrire des articles tout aussi insignifiants dessus.

Pauline.



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# Posté le mardi 14 avril 2009 13:07

Modifié le mercredi 15 avril 2009 09:43

Pourquoi est-ce que le jour de notre anniversaire nous paraît tellement différent des autres ? Pourquoi est ce qu'on se dit tous les ans "mais enfin, c'est pas compliqué à retenir, ce jour ..." ? Un an de plus c'est un petit pas supplémentaire vers cette personne qui nous attend au bout, mais on a envie d'y aller très vite, parce-qu'on est jeunes et qu'on pense que la vie est un tapis rouge que déroule le monde pour nous seuls. On rira peut-être mois quand s'ra vieux, mais en attendant, moi, je veux être Grande. Vite. Je veux faire partie de cette élite, de cette catégorie libre comme le vent qui n'a pas de comptes à rendre à des parents psychotiques. Je veux pouvoir me coucher tard, me lever tôt et essayer de ce qu'il est possible de faire sur Terre. Mais, qui ne le veut pas, aussi ?

Pourquoi est-ce que le jour de notre anniversaire nous paraît tellement différent des autres ? Pourquoi est ce qu'on se dit tous les ans "mais enfin, c'est pas compliqué à retenir, ce jour ..." ? Un an de plus c'est un petit pas supplémentaire vers cette personne qui nous attend au bout, mais on a envie d'y aller très vite, parce-qu'on est jeunes et qu'on pense que la vie est un tapis rouge que déroule le monde pour nous seuls. On rira peut-être mois quand s'ra vieux, mais en attendant, moi, je veux être Grande. Vite. Je veux faire partie de cette élite, de cette catégorie libre comme le vent qui n'a pas de comptes à rendre à des parents psychotiques. Je veux pouvoir me coucher tard, me lever tôt et essayer de ce qu'il est possible de faire sur Terre. Mais, qui ne le veut pas, aussi ?
C'est bizarre, l'adolescence. On se sent au bord de quelque chose. A 15 ans, on peut tout envisager. On peut envisager de se faire écraser par un camion de déménagement la prochaine fois qu'on sort du collège (ceci dit, un camion de déménagement n'a pas grand-chose à foutre aux abords d'un collège). D'être cosmonaute, comme notre petit frère qui a plein de maquettes de fusées dans sa chambre. D'être au chômage pour le restant de ses jours. D'être un drogué avec plein de tatouages et de piercings partout et de vivre dans un squat. De devenir un adulte très chiant et très bien élevé, marié, deux enfants adorables, un labrador et une petite maison dans la banlieue chic de Paris. De vendre des milliers de livres d'un best-seller mieux que Harry Potter. D'être chanteur punk dans un groupe de hard-rock-metal-post-grunge pas du tout connu.
Et de Vieillir. Oui, on peut simplement devenir un petit vieux arthritique qui n'a jamais fait rien d'extraordinaire, qui a toujours été un honnête travailleur, et qui occupe les dernières années de sa vie à prendre soin de quatre fleurs en pots sur sa terrasse, en attendant Motus comme le messie. On peut naître et mourir dans l'anonymat le plus complet, sans avoir jamais vu son nom écrit autre part que sur sa carte d'identitée. Oubliés, les rêves de gloire. Quand on s'approche des quarante ans sans avoir rien fait, il y a de fortes chances que l'on ne fasse effectivement rien de grand. Je suis égoïste. Peut-être que je suis une parfaite connasse. Mais je n'ai pas envie de faire partie de cette immense majorité de petites personnes insignifiantes qui mourront tristement, ces personnes grises qui se succèdent au fil des siècles et dont il ne reste rien d'autre après leur mort qu'une pierre tombale de travers envahie par la mousse. Oui, c'est con. Pensez un peu à la quantité de rêves détruits, brisés, déchirés, jetés à la poubelle ou tout simplement oubliés après avoir été pensés si fort. Au fond, on est tous pareil. On s'imagine toujours des choses qui n'arrivent jamais, on est toujours déçus par des gens en qui on met toute notre confiance, toujours en train de courrir derrière des choses inaccessibles. La vie, c'est 30 % de mérite, 70 % de chances. Peut-être même moins de mérite. Les gens qui gagnent au loto, qui découvrent par hasard un truc miraculeux, qui trouvent leur âme soeur, ils ont de la chance. La chance d'être au bon endroit, au bon moment. Cette connerie de vie nous réduit à une espèce comme une autre. Ce que l'on est, de toutes façons. Mais on aime à croire qu'on est extraordinaire, petit être humain perdu au milieu de l'océan d'un océan de 6 miliards de gouttes. Je le croirais aussi longtemps que je le pourrai, en tout cas.



The Killers-Losing Touch


Pauline

# Posté le vendredi 10 avril 2009 12:27

Modifié le vendredi 10 avril 2009 13:34

Vous pourriez me croire narcissique. Vous n'auriez peut-être pas tort.

Vous pourriez me croire narcissique. Vous n'auriez peut-être pas tort.

____C'est tellement étrange de se perdre dans des abysses cauchemardesques, si noires qu'on en perd tous sens. Etranges, ces flashs qui se succèdent, toujours plus affreux, toujours plus effrayants, plus morbides. Ou bien ces scènes si longues et si réelles qui ressemblent au quotidien mais dans lesquelles surgissent des reptiles et des morts blanchâtres ... C'est étrange de se réveiller, ensuite, en sursautant, le coeur battant si fort qu'il résonne dans tout le corps. De tendre l'oreille, entendre des bruits que le cerveau invente et imaginer tout un scénario horrible de quelque tueur en série rampant dans le couloir. Ne pas pouvoir supporter de garder les yeux fermés après. Des images incrustées sur la rétine, la sensation d'un souffle imaginaire d'un monstre lui aussi imaginaire sur le front. Se coller au mur en serrant la couverture, compter les secondes avant le lever du soleil, l'inondation de lumière si normale dans la chambre. Là-bas, dans le coin gauche, le poster en train de se décoller projette une ombre inquiétante sur le mur, une ombre tremblotante. Le modem qui clignote en rouge pour on ne sait quelle raison. On se lève, on débranche tout. Pour se sentir plus seul encore. A 14 ans, on ne doit plus avoir peur de tout ça. On sait qu'on ira pas chercher papa et maman, comme quand on était gamin. Dans le tiroir de la table de nuit, reste cette vieille lampe de poche. Aux piles mortes. On extirpe d'une boîte à chaussure défoncée le vieux doudou déchiqueté et grisâtre qui ne nous quittait jamais, avant. On craque, on allume tout. La lumière crue fait mal aux yeux. On éteint. On se raisonne, on se recouche, on se retourne, on pense et on ne ferme toujours pas les yeux. Il est 2h26. On se rendort malgré soi.
___Un serpent aux écailles luisantes qui rampe sur les pieds, dardant son regard rouge sur nous. Un mort, pendu, indistinct, qui se balance sinistrement à une branche du cerisier en bas de la maison. Une salle noire, sans portes ni fenêtres. Le silence, le noir, seulement troublés par des battements de coeur de plus en plus forts, qui viennent d'on ne sait où, peut-être le notre. Une fuite éperdue à travers une forêt glaciale, fuyant un danger flou, une silhouette noire inconnue. Le picotement de la peau arrachée par les branches basses. Une salle de cinéma apparemment vide, le grand écran qui nous fixe de son oeil vide et aveugle. Un petit appartement dans lequel on n'a jamais mis les pieds mais que l'on est pourtant sûr d'avoir déjà vu, peu meublé, plein à craquer des gens que vous connaissez. Une fête, peut-être? Une ambiance légère. Puis des grattements à la porte, qui s'ouvre sur une horde de monstres. Tout devient uniformément rouge dans notre tête, autour de nous. Le sang nous bat aux tempes et on ne comprend rien. A ce moment là, on doit être en train de se réveiller à nouveau. Peut-être même pas.



Alesana-As You Wish ♫




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# Posté le jeudi 26 mars 2009 14:01

Modifié le vendredi 27 mars 2009 15:17

C'est beaux les rêves, mais le mur que l'on se prend, derrière, fait drôlement mal.

C'est beaux les rêves, mais le mur que l'on se prend, derrière, fait drôlement mal.
Si on nous farcissait pas la tête depuis qu'on est tous petits, on croirait en rien. Si on croyait en rien, on serait desespérés.
Et on en crèverait.


A cinq ans, on veut absolument voir le Papa Noueleu sur son traîneau, parce-que les copains à l'école l'ont vu la nuit en allant à la fênêtre alors cette année, non, on veut pas le rater.
On tire sur nos dents qui tremblent en espérant voir un jour la queue de la fameuse petite souris qui se glisse si silencieusement sous votre oreiller que même en restant réveillé vous la voyez pas. Nan, trop méga forte, la souris, quoi.
On meurt de peur au fond de notre lit parce-qu'on est certain que le croque-mitaine est dessous et attend qu'on ai fermé les yeux pour sortir son horrible main crochue et vous grignoter les orteils (que l'on protège avec trois paires de chaussettes, quitte à crever de chaud).
A six ans, on pleure quand on se réveille au milieu de la nuit en entendant un bruit et que c'est Papa qui est tombé dans le sapin en posant votre maxi-boîte Playmobil à côté.
On pleure quand on trouve Maman en train de soulever notre oreiller.
On pleure même quand un grand nous affirme que le croque-mitaine n'a jamais existé que pour nous dissuader de faire des bêtises ou nous faire manger notre soupe, parce-que, si c'est vrai qu'y'a pas de monstres, c'est vraiment pas drôle.

A 9 ans, on attend ce connard de prince charmant ( bah attend, si Cendrillon l'a trouvé avec la gueule qu'elle a, pourquoi pas nous ?!)
A 10 ans, Paul a refusé notre cadeau de saint-Valentin et on se jure que le Prince Charmant c'est une grosse bouse qui existe même pas.

A 12 ans, on croit vraiment que les méchants profs vont nous mettre des heures de colle et plein de zéros, ouais, même qu'ils compteront tous coef' trois dans la moyenne, na, et même qu'ils seront dans votre dossier scolaire =o et *ouh la la* on ira même pas au lycée parce-qu'on aura un dossier trop pourri.
A 14 ans, c'est in de les envoyer chier.


Photo pas de moi.



# Posté le vendredi 20 mars 2009 12:35

Modifié le vendredi 20 mars 2009 17:16

What you want, baby, I got. What you need, you know I got it. En toute modestie.

What you want, baby, I got. What you need, you know I got it. En toute modestie.
*




Souriez, c'est la rentrée ! *ironie, ironieeeeee*
Quelle joie de revoir les profs, les contrôles et nos camarades, qu'on kiffe trop, il faut bien se l'avouer... *BIENVENUE CHEZ LES BISOUNOURS*
On refait. La rentrée, pour ma mère, c'est synonyme de paix. Elle m'aura pas sur le dos et ça lui fera une excuse pour me forcer A L'INSU DE MON PLEIN GRE, je précise, à me coucher à une heure tout simplement effrayante, commençant par un 9.
La rentrée, pour les profs, cela signifie revoir 30 têtes antipathiques et hostiles à leurs cours par classe, de la sixième à la troisième, et cela signifie pouvoir se défouler sur eux et évacuer le stress en gueulant*.
Cela signifie aussi pouvoir exprimer leur sadisme refoulé durant quinze longs et pénibles jours (durant lesquels ils n'ont eu à martyriser que leur chat) en rendant une interro faite en classe le dernier jour avant la LI-BE-RA-TION pour bien nous faire chier avoir le silence.

C'est là que le don caché et nécessaire pour devenir prof s'exprime (moi j'pense qu'ils naissent avec, on doit les repérer à la naissance) : Le don crispant d'après avoir au préalable calculé cette connerie de moyenne de classe qui ferait mieux de rester inconnue parce-que franchement, ça plombe le moral, arrive à vous persuader que vous avez eu 8 et à vous faire vous liquéfier sur votre chaise. Après, la technique du Prof est variée :
Le Prof Sadique, qui clame tout haut votre beau 8/20 en vous gratifiant d'un regard noir, et qui, non content de vous avoir humilié, fait passer votre feuille dans votre rang (pour que tout le monde soit bien au courant de votre fort intérêt pour la démographie du sud-ouest de la Russie dans les années 90), et, pas de bol, vous êtes au fond de la classe.
Le Prof Indifférent, qui file les copies n'importe comment et tu te retrouves avec celle de ton voisin de derrière. Généralement, lesdites copies sont dénuées de tout commentaires (surtout les agréables). Le Prof Indifférent ne se fend jamais d'un compliment.
Le Prof Secret. Celui ci ne laisse jamais filtrer la moindre information au sujet de votre copie.
─> Il y a encore la dernière catégorie des Super-prévoyants-voire-maniaques, qui est une espèce rare et dont la particularité consiste à avoir déjà posé chaque feuille à la bonne place quand vous entrez en cours *waaah*.

___Mais, mais, on peut leur trouver une circonstance atténuante. Prenez votre pauvre prof de physique, obligé de calculer la masse du même atome de cuivre depuis 20 ans, de faire les mêmes mélanges d'ions bleus et oranges et de faire chaque année semblant de réfléchir intensément à la question dont la réponse (en toute franchise) ne nous empêchera pas de dormir : "Mais pourquoi donc les ions bleus et les ions oranges se séparent-ils dans le tube en U?", le tout devant une classe de 25 personnes dont la moitié dorment et l'autre moitié dessinent (des atomes, bien sûr!), absolument passionnés par le sort des ions chlorures.
__On peut faire pareil avec la prof de français qui se fait les réponses et les questions toute seule "Bon, qui peut me dire où se trouve la proposition subordonnée conjonctive dans cette phrase?", où même la prof de musique, étonnée par le manque d'intérêt que ses élèves témoignent à Jean-Jacques Goldman.
__Mais le prof qui reste celui détenant le record de gros bides survole le temps et le monde, brave la Sibérie pour ses élèves, tente de les motiver sur l'évolution de la population du Luxembourg : J'ai nommé le prof d'histoire. Celui-ci mérite quand même plusieurs médailles d'or. Parce-qu'essayez de rendre le relief de la Cordillère des Andes ou la vie (pa-ssio-nnan-te, entre nous) de Louis XV ou Louis X (Ils sont tous pareil...) intéressante pour des adolescents qui réfléchissent en même temps que vous parlez à la finale de Koh-lanta le soir et qui ne sont pas traumatisés plus que ça par le découpage de tête de Louis machin ou le trucidage de quelques femme de Henri Bidule. Il faut être fort (ben d'ailleurs, j'ai pas dit qu'ils y arrivaient tous :D
)



* Remarque Les profs suivent un coaching mental et une intense préparation avant de reprendre dans un camp militaire en Biélorussie Orientale : ils repartent à fond les ballons comme si il n'y avait jamais eu de vacances, vous ressortant le maréchal Pétain et 1917 alors que vous peinez à vous rappeler sur quoi portait le chapitre entamé avant les vacances.




P A U L i N E



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# Posté le dimanche 01 mars 2009 08:16

Modifié le jeudi 19 mars 2009 11:06